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24 septembre 2012

Guerre à la guerre : Pierre Brizon (1878-1923)

Pierre Brizon (3).pngPierre Brizon est né dans le Bourbonnais d'une famille de modestes agriculteurs. Devenu professeur des écoles nationales professionnelles, il est nommé à Armentières (Nord) où il découvre la condition ouvrière et adhère au groupe socialiste de la ville. En avril 1910, il est élu député socialiste de l’Allier et réélu en avril 1914.

En août 1914, Pierre Brizon ne résiste pas à la déferlante chauvine, il se rallie à la ligne d’Union sacrée de son parti ; mais sa position évolue rapidement : avec deux autres députés socialistes (Alexandre Blanc et Jean-Pierre Raffin-Dugens), il participe à la deuxième conférence internationale pour la paix qui se tient à Kienthal (Suisse), du 24 au 30 avril 1916.

A leur retour, les trois députés sont la cible d’une violente campagne de presse les accusant d’être des « défaitistes », des « traitres », des « espions »... 

Bien que désavoués par les instances dirigeantes du Parti socialiste, le 24 juin 1916, ils refusent de voter les crédits de guerre.

Dans son discours, Pierre Brizon rend longuement hommage aux « courageux socialistes de la minorité allemande » ; il ajoute : « Eux et nous, nous sommes fidèles aux antiques décisions des congrès socialistes internationalistes, d’après lesquels, si la guerre éclate malgré tout, c’est le devoir des classes ouvrières de s’entremettre pour la faire cesser promptement ».

Enfin, sous les exclamations indignées de la Chambre, il proclame : « Nous regrettons le mauvais emploi des milliards perdus pour le peuple et nous votons contre les crédits de guerre, pour la paix, pour la France, pour le socialisme ».

Bien que tronqué par la presse, ce discours rencontre un écho considérable comme l'atteste le volumineux courrier que Pierre Brizon va recevoir de soldats du front, et de leurs épouses et parents. [1]

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[1] Thierry Bonzon : Des tranchées au Palais-Bourbon (des pacifistes au temps de Verdun).

Cette étude analyse 190 des nombreuses lettres reçues par Pierre Brizon dont celles de combattants et ex-combattants. Par ailleurs, des officiers montent et font jouer une revue satirique intitulée « Brizon...les ! ». Au nom du patriotisme, celle-ci s'efforce de ridiculiser Pierre Brizon et de combattre ses prises de position contre la guerre. Cette initiative témoigne à elle seule de l’écho que rencontrait parmi les soldats le combat courageux de Brizon et de ses deux amis députés.

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