31 août 2012
Fabius : Docteur Folamour
Tout le monde se souvient de Docteur Folamour, ce film de Stanley Kubrick où l'on voit un général nord-américain paranoïaque lancer ses bombardiers aux soutes chargées de bombes nucléaires vers des cibles d'Union soviétique. L'engrenage d'un cataclysme mondial est alors en route...
Fabius ressemblerait-il à ce psychopathe ?
Notre ministre ne perd pas une occasion de promettre la Syrie au pire destin si ce pays ne se plie pas au plan des États-Unis visant à un remodelage politique de la région. Après avoir lancé un « contrat » pour promouvoir l'assassinat de Bachar al-Assad [1], Fabius menace la Syrie d'une réponse « immédiate et fulgurante » au cas où celle-ci utiliserait des armes chimiques. En bon petit facteur, Fabius se fait ainsi l'écho des mêmes avertissements déjà proférés par Obama et sa walkyrie, Hillary Clinton.
Tout ça n'a évidemment aucune réalité. On ne voit pas - à supposer qu'il le veuille - comment un gouvernement pourrait user d'armes chimiques dans des combats de rues sur son propre territoire sans condamner sa population et son armée à en subir les conséquences.
Ainsi, ce politicien, qui n'a jamais protesté quand Israël larguait des bombes au phosphore sur la population palestinienne de la bande de Gaza, s'invente une indignation pour faire monter la pression sur le gouvernement syrien.
Plus que la personnalité de Fabius, ce qui fait problème c'est qu'il n'y ait aucune levée de protestations pour condamner ses propos belliqueux. Il est vrai que s'agissant de la Syrie, de Sarkozy à Mélenchon, en passant par le duo Hollande-Fabius, les nuances ne sont pas toujours perceptibles.
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[1] Le 16 août, Fabius a déclaré : « Bachar El Assad ne mériterait pas d'être sur la Terre ». Un appel implicite à la mise à mort du chef d'Etat syrien.
Jean-Pierre Dubois
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30 août 2012
Mélenchon récidive...
Le 10 mars 2011, Jean-Luc Mélenchon, député au Parlement européen, approuvait une résolution qui, à propos de la Libye, déclarait : « Les gouvernements de l’Union européenne doivent se tenir prêts pour une décision du Conseil de sécurité des Nations unies concernant des mesures supplémentaires, y compris la possibilité d’une zone d’exclusion aérienne ». [1] C'est ainsi que Mélenchon, prétextant une mythique « révolution », a cautionné les bombardements qui ont meurtri la Libye et son peuple pendant plusieurs mois et qui ont conduit à l'instauration d'un régime d'intégristes religieux à Tripoli.
Aujourd'hui, Mélenchon récidive avec la Syrie. [2]
Même aveuglement qui consiste à qualifier de « révolution » les évènements qui ensanglantent la Syrie alors que la presse française commence timidement à révéler que nombre de « rebelles » sont des volontaires étrangers entraînés et armés par les services spéciaux occidentaux (dont la DGSE française) avant d’être infiltrés pour combattre l'armée gouvernementale syrienne. Ignorer ce « détail », permet à Mélenchon de se prononcer contre une intervention de la France en Syrie alors que cette intervention est déjà effective - par mercenaires interposés.
Par ailleurs, Mélenchon n'a pas un mot pour condamner la politique des Etats-Unis et de ses vassaux dans la région. En revanche, il s'en prend à la Russie et à la Chine dont il interprète l'opposition à une nouvelle agression militaire sous couvert de l'ONU comme un soutien inconditionnel à Bachar Al-Assad. Enfin, à l’instar de Hollande et de Fabius, Mélenchon ferme la porte à une solution négociée (qu'il n'évoque même pas) en posant comme préalable le départ du chef de l'Etat syrien.
En escamotant les responsabilités des Etats-Unis et de la France dans les affrontements qui ensanglantent la Syrie, Mélenchon est de ceux qui rendent impossible l'émergence d'un vaste mouvement anti-guerre, comme cela avait été encore possible pour l'Irak en 2003.
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[1] Mélenchon avait alors expliqué : « J’ai voté la résolution du Parlement européen en accord avec la direction du PCF et de la Gauche unitaire, en accord avec mon collègue eurodéputé communiste Patrick Le Hyaric ». (Libération, 21 mars 2011)
[2] Interviews du 20 août 2012 dans L'Humanité (http://www.humanite.fr/politique/melenchon-si-vous-etes-s...) et sur France Inter (http://www.dailymotion.com/video/xsxzc5_j-l-melenchon-fra...)
Jean Pierre Dubois
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24 août 2012
Syrie : La guerre secrète
Dans l’indifférence générale, le 23 novembre 2011, Le Canard enchaîné révélait que des agents de la DGSE interféraient dans les évènements de Syrie afin de déstabiliser le régime de Bachar Al Assad. Un mois plus tard, le député François Loncle interrogeait le gouvernement sur le rôle exact joué par le service action de la DGSE et le Commandement des opérations spéciales (COS) dépêchés en Turquie et au Liban. Mutisme du gouvernement et de la presse. [1]
Il faut donc attendre le 6 août dernier pour qu’un grand quotidien national confirme que le service action de la DGSE menait des opérations de formation et de soutien aux groupes terroristes au plan des transmissions et de l’artillerie (mortiers, missiles antichars et canons de 105 mm). [2]
Bien sûr, la DGSE n’est pas la seule à organiser la subversion contre la Syrie. La CIA opère également dans le sud de la Turquie où elle est impliquée dans l’acheminement d’armes aux terroristes opérant en Syrie, armes financées par la Turquie, l'Arabie saoudite et le Qatar. [3]
Quant au BND - le service secret allemand - on vient d’apprendre qu’il usait d’une frégate-espion actuellement positionnée dans l’Est de la Méditerranée. [4] Le matériel électromagnétique très perfectionné dont est doté le navire lui permet de détecter tous les mouvements des troupes sur le sol syrien. Les données ainsi recueillies sont transmises aux services américains et britanniques qui, eux-mêmes, les ventilent aux terroristes.
Les services britanniques procèdent à la même collecte et à la même diffusion de renseignements mais à partir d’une station implantée à Chypre.
Frégate allemande d'espionnage
Cette guerre secrète menée contre la Syrie, en plus de contrevenir aux lois internationales, est responsable de la prolongation du conflit et du bain de sang qui l'accompagne.
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[1] François Loncle est député de l'Eure (PS) et membre de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale.
[2] Le Parisien, 6/08/2012, Richard Labévière, http://www.leparisien.fr/crise-egypte/l-option-diplomatiq...
[3] Le Figaro, 21/06/2012, La CIA aiderait l'opposition syrienne depuis la Turquie, http://www.lefigaro.fr/international/2012/06/21/01003-201...
[4] Le Figaro, 22/08/2012, La navire espion Oker fait des vagues en Allemagne, http://www.lefigaro.fr/international/2012/08/22/01003-201...
Jean-Pierre Dubois
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17 août 2012
Médias-mensonges : Timisoara
Au moment où nos médias nous saturent de pseudo-informations mais de vrais-mensonges sur la Syrie, il n’est pas inutile de se souvenir de ce qui s’est passé dans la ville de Timisoara en décembre 1989. Nous étions à la veille de Noël et, alors que des manifestations dirigées contre Ceausescu secouaient la Roumanie, les téléspectateurs français ont vu avec horreur les images d'un charnier découvert à Timisoara où - affirmaient les envoyés spéciaux - gisaient des corps affreusement torturés.
Le "charnier" de Timisoara
Les médias occidentaux accusent immédiatement la police politique roumaine (la Securitate) d’être à l’origine de cette monstruosité. Ceausescu est responsabilisé.
Le magazine L’évènement du jeudi du 28/12/1989 titre : « Dracula était communiste ». Un journaliste de TF1 qualifie Ceaucescu de « vampire » et prétend que le dirigeant roumain, atteint de leucémie, devait être transfusé tous les mois et que cela expliquait pourquoi les corps découverts à Timisoara étaient vidés de leur sang. Dans Libération du 23/12/1989, Serge July est l’auteur d'un éditorial titré « Boucherie » où il écrit : « Timisoara libéré découvre un charnier. Des milliers de corps nus tout juste exhumés, terreux et mutilés, prix insupportable de son insurrection ».
Les médias font état de 70.000 morts pour toute la Roumanie dont 4.630 à Timisoara ville de 350.000 habitants.
Aujourd’hui, on sait que les émeutes de Roumanie ont fait 689 victimes (et non 70.000) dont 90 à 147 à Timisoara (et non 4.630). On sait aussi que le charnier était un faux, une mise en scène avec des cadavres récupérés dans un cimetière.
Mais, cette campagne médiatique mensongère a largement servi à justifier l'assassinat, au terme d'une parodie de procès, de Ceausescu et de son épouse. Au même moment, l’armée des Etats-Unis attaquait Panama faisant 2000 morts, civils pour la plupart, soit trois fois plus de victimes qu’en Roumanie. Dans l’indifférence des médias.
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Sources :
Le Monde diplomatique : http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2009-12-21-Timiso...
Acrimed : http://www.acrimed.org/article1.html
Jean-Pierre Dubois
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09 août 2012
Hiroshima et Nagasaki : Injustifiable !

Le 6 août 1945, les Etats-Unis lancent sur la ville d'Hiroshima une bombe à fission d’uranium d'une puissance explosive de 15 kT de TNT. Aucune trace de vie ne subsiste à moins de 500 mètres du lieu de l'explosion. De 70.000 à 80.000 personnes sont instantanément tuées et 200.000 autres mourront par la suite des effets de l'irradiation ou de leurs brûlures.
Trois jours après, c'est au tour de la ville de Nagasaki d'être la cible d'une seconde bombe, cette fois à fission de plutonium, d’une puissance de 22 kT de TNT. Instantanément, 40.000 personnes sont tuées, et au moins autant mourront les années suivantes.
Les autorités américaines ont toujours prétendu qu'elles avaient eu recours à ces bombardements terroristes afin d'obtenir la capitulation rapide du Japon tout en évitant de lourdes pertes parmi leurs troupes.
Mais, pour l'historien Eric Hobsbawn « Les bombes atomiques larguées sur Hiroshima et Nagasaki en 1945 n'étaient pas indispensables à la victoire, alors acquise ». [1] Quant à Patrick Blackett - physicien britannique, prix Nobel de physique 1948 -, il observait que ce massacre massif inédit « ne fut pas tant la dernière opération de la Seconde guerre mondiale que la première opération de la guerre froide, diplomatique, contre la Russie ».
Ce que confirme le philosophe italien Domenico Losurdo pour qui « l'arme atomique visait en réalité l'Union soviétique, le seul pays désormais capable de contester le programme explicitement énoncé par le président Truman lors d'une réunion du cabinet du 7 septembre 1945 : faire des Etats-Unis le gendarme et le shérif du monde ». [2]
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[1] Eric Hobsbawn, L'âge des extrêmes : le court vingtième siècle 1914-1991, Ed. Complexe, 2003.
[2] Domenico Losurdo, Fuir l'histoire ?, Ed. Delga, 2007.
Jean-Pierre Dubois
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06 août 2012
Le Parti socialiste et l'impérialisme
Le Parti socialiste a toujours soutenu ou conduit les aventures militaires de l’impérialisme français. De 1945 à 1958, ses dirigeants ont été impliqués dans toutes les répressions et toutes les guerres (Madagascar, Vietnam, Algérie) destinées à maintenir par la force l'empire colonial de la France.
Mollet et Mitterrand faisant la guerre au peuple algérien
En novembre 1956, c’est le socialiste Guy Mollet qui, avec les britanniques et les israéliens, organise une expédition punitive contre l'Egypte coupable d'avoir nationalisé le canal de Suez. [1]
Revenus au pouvoir en 1981, la politique étrangère des socialistes ne se distingue pas de celle de leurs prédécesseurs de droite. En Afrique subsaharienne francophone, continue de prévaloir un soutien inconditionnel aux régimes vassaux de l'impérialisme français comme en témoigne, en août 1983, la décision de Mitterrand d’intervenir militairement au Tchad (opération Manta) en soutien à Hissène Habré. [2] De 1990 à 1994, Mitterrand est personnellement responsable de l’ingérence politique et militaire au Rwanda qui conduira au génocide où périront plus de 800.000 Tutsis.
Enfin, quand en 1990-1991, les Etats-Unis entrent en guerre contre l’Irak, il y associe la France et son armée.
En 1997, le Parti socialiste revient au pouvoir avec le gouvernement de la « gauche plurielle » dirigé par Jospin en cohabitation avec Chirac. En mars 1999, Jospin appuie la décision de Chirac de participer au bombardement de la Serbie aux côtés des autres forces de l’OTAN puis, en novembre 2001, il approuve l’envoi des premières troupes françaises en Afghanistan.
Un bilan qui ne permet aucune illusion quant à l’action de Hollande en matière de politique internationale.
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[1] Lire un précédent article : http://lepetitblanquiste.hautetfort.com/archive/2011/02/0...
[2] Nommé ministre de la Coopération en mai 1981, Jean-Pierre Cot cherche à rompre avec la Françafrique et instaurer de nouveaux rapports avec le Tiers-Monde. Devant l'opposition de Mitterrand, un an plus tard, il démissionne du gouvernement.
Jean-Pierre Dubois
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