09 août 2012

Hiroshima et Nagasaki : Injustifiable !

japon

Le 6 août 1945, les Etats-Unis lancent sur la ville d'Hiroshima une bombe à fission d’uranium d'une puissance explosive de 15 kT de TNT. Aucune trace de vie ne subsiste à moins de 500 mètres du lieu de l'explosion. De 70.000 à 80.000 personnes sont instantanément tuées et 200.000 autres mourront par la suite des effets de l'irradiation ou de leurs brûlures.

Trois jours après, c'est au tour de la ville de Nagasaki d'être la cible d'une seconde bombe, cette fois à fission de plutonium, d’une puissance de 22 kT de TNT. Instantanément, 40.000 personnes sont tuées, et au moins autant mourront les années suivantes.

Les autorités américaines ont toujours prétendu qu'elles avaient eu recours à ces bombardements terroristes afin d'obtenir la capitulation rapide du Japon tout en évitant de lourdes pertes parmi leurs troupes.

Mais, pour l'historien Eric Hobsbawn « Les bombes atomiques larguées sur Hiroshima et Nagasaki en 1945 n'étaient pas indispensables à la victoire, alors acquise ». [1] Quant à Patrick Blackett - physicien britannique, prix Nobel de physique 1948 -, il observait que ce massacre massif inédit « ne fut pas tant la dernière opération de la Seconde guerre mondiale que la première opération de la guerre froide, diplomatique, contre la Russie ».

Ce que confirme le philosophe italien Domenico Losurdo pour qui « l'arme atomique visait en réalité l'Union soviétique, le seul pays désormais capable de contester le programme explicitement énoncé par le président Truman lors d'une réunion du cabinet du 7 septembre 1945 : faire des Etats-Unis le gendarme et le shérif du monde ». [2]

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[1] Eric Hobsbawn, L'âge des extrêmes : le court vingtième siècle 1914-1991, Ed. Complexe, 2003.

[2] Domenico Losurdo, Fuir l'histoire ?, Ed. Delga, 2007.

Jean-Pierre Dubois

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