05 avril 2012

Nouveaux missionnaires en Afrique

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Nouvel avatar de la « mission civilisatrice » de l'impérialisme occidental en Afrique, l’Union européenne a créé les « missions d’observation électorale ». A la différence de leurs prédécesseurs, les nouveaux missionnaires n’ont pas pour tâche d’évangéliser des peuples « sauvages » mais de délivrer un certificat de bonne conduite à des États jugés peu aptes à organiser des « élections dignes de ce nom ».

Officiellement, l’Union européenne doit être sollicitée par le gouvernement du pays où elle envoie ses observateurs mais peu de gouvernements africains refusent cette assistance électorale qui contribue à leur conférer une estampille « démocratique » et à les préserver des foudres des médias occidentaux. « L’observation des élections en Afrique apparaît de nos jours comme l’un des instruments de la domination européenne sur le continent africain, et prend des allures de gros business », observe Valentin Mbougueng. [2]

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Les nouveaux missionnaires sont arrivés...

La neutralité des observateurs est un leurre. Ceux-ci ne sont pas en mesure de faire abstraction des pressions de la « communauté internationale », laquelle ne manque pas de faire savoir par avance quel est - pour elle - le bon et le mauvais choix politique.

Ainsi il ne faisait de doute pour personne, qu’en Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara - ancien directeur du département Afrique au FMI - était le candidat de la France et des États-Unis dans l’élection qui l’opposait à Laurent Gbagbo. Ce qui explique, qu’en dépit des incertitudes qui pesaient sur le résultat du scrutin, l’Union européenne se soit empressée de proclamer la victoire du candidat de l’Occident. Quant aux observateurs européens, ils n’ont pu que cautionner ce choix en reprenant à leur compte tous les arguments des partisans d’Ouattara. La voie était libre pour une intervention militaire extérieure...

[1] Observateurs d'élections africaines : le nouveau gagne-pain des Européens, Revue Asie-Afrique, juillet-août 2011. Valentin Mbougueng est président de la Ligue internationale des journalistes pour l'Afrique (LIJAF).

Jean-Pierre Dubois

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