27 septembre 2011
Etats-Unis : Une démocratie sanguinaire
Barack Obama a prétendu que l'intervention militaire des Etats-Unis en Libye était justifiée par le fait que Mouammar Kadhafi était coupable de « cruauté contre son peuple ». On constate pourtant que les alliés de l’Occident – aussi détestables soient leurs régimes – restent à l'abri de telles mesures de rétorsion, tout comme les Etats-Unis eux-mêmes bien que les gouvernements de ce pays aient su faire preuve de cruauté envers leur peuple.
Ainsi, en 1992, dans le quartier de Watts à Los Angeles, quatre policiers sont filmés, à leur insu, tabassant un jeune noir. Les coupables ainsi reconnus sont déférés en justice où un jury, composé très majoritairement de Blancs les acquitte. Aussitôt, des émeutes éclatent dans les quartiers noirs qui dureront six jours. Le maire de Los Angeles décrète l’état d’urgence et instaure le couvre-feu. Le gouverneur de Californie fait donner la Garde nationale, bientôt renforcée par 4.000 soldats de l’armée fédérale et par des Marines. La répression est féroce : 55 morts, 2.300 blessés et 4.000 arrestations.
George Bush père, alors président, s’empresse de dénoncer une « terreur aveugle et un État de non-loi ». Il avertit que la « brutalité d'une foule » ne sera pas tolérée, et qu'il « utiliserait toute force nécessaire ». « La réaction officielle à cette émeute fut la plus grande opération de rétablissement de l'ordre coordonnée de l'histoire » (Wikipédia).
Pendant des semaines, la police intimide la population, perquisitionne les logements ouvriers prétextant la recherche de biens volés durant les émeutes et les pillages. La police des frontières traque les travailleurs étrangers en situation irrégulière.
1992 : Los Angeles
En 1965, une précédente émeute était déjà survenue dans le même quartier suite à un autre incident racial. Des milliers de soldats et de policiers, appuyés par des tanks, avaient été engagés dans des combats de rue qui avaient duré plusieurs jours faisant 34 morts, plus de 1.100 blessés, 4.000 arrestations.
En 1966, ce sont des émeutes à Chicago et Cleveland qui sont réprimées par des fusillades de la Garde nationale : 7 morts.
En 1967, les ghettos noirs sont le siège des « plus importantes émeutes urbaines de l’histoire des Etats-Unis ». Elles éclatent d’abord à Newark, près de New York, puis s’étendent dans une centaine de villes dont Detroit (Michigan) où les autorités renforcent la police par la Garde nationale, des unités de chars et deux divisions de parachutistes - en tout 20.000 hommes qui doivent reconquérir la ville rue par rue. Au total, la répression fait 83 morts et 2.000 blessés. [1]
1965 : Los Angeles
Si on voulait mesurer le degré de cruauté de l'Etat américain, il faudrait ajouter à ces victimes des émeutes provoquées par les discriminations et la pauvreté celles du génocide des peuples des Nations indiennes, celles d’un siècle d’esclavage, celles d’un autre siècle d’apartheid racial, enfin les centaines de milliers de victimes des massacres perpétrés lors des guerres impériales au Vietnam, au Cambodge, en Irak, en Afghanistan...
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[1] Plus récemment, en 2009, à Oakland (Californie) des policiers ont tué un jeune Noir d’un tir dans le dos. Il s’en est suivi une manifestation de protestation, d’abord pacifique mais qui a viré rapidement à l’émeute avec des voitures incendiées, des vitrines brisées. Environ 120 manifestants ont été arrêtés.
Au mois d'avril 2011, l'état d'urgence et un couvre-feu ont été décrétés dans la ville de Cincinnati (Ohio) après trois jours d'émeutes. C'est la mort d'un jeune homme noir tué par un policier blanc qui a mis le feu aux poudres (le 15ème Noir tué par la police locale depuis 1995). La police a répondu aux émeutes par des tirs de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogènes : 82 personnes ont été arrêtées, et une soixantaine d'autres ont été blessées, dont 25 sérieusement.
Jean-Pierre
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